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Finance Vox

A new blog is born! I have started a new blog in French: Finance Vox. This is a blog that will be based upon my teaching at the University of French West Indies. As a matter of fact it is more than that. This is a blog where I am going to share my passion for finance and, indeed, convince you that finance is real fun!

Here is an abstract of my first Finance Vox post. Welcome and enjoy!

"Finance is a fun game to play, hard to win!": ainsi Richard Brealey et Stewart Myers résument-ils le propos de leur célébrissime manuel de finance, Principles of Corporate Finance (McGraw-Hill). J'enseigne et je pratique la finance depuis plus de vingt ans. J'adhère sans réserve aucune à ce raccourci. La finance est un champ fascinant qui, depuis les années 1980, occupe plus souvent qu'à son tour le devant de la scène.

Malheureusement, cette irruption, plutôt bruyante, n'est pas toujours comprise. Il faut dire que ce n'est pas toujours le meilleur de la finance qui s'exhibe dans la presse et la télévision. On préfère sans doute parler des trains qui déraillent plutôt que de ceux qui arrivent à l'heure. C'est bien dommage!

Le monde académique n'est guère présent non plus, plutôt réfugié dans sa tour d'ivoire. Peu nombreux sont les professeurs et chercheurs qui prennent le temps et la plume pour expliquer au quotidien ce qu'est la finance, ce qu'elle n'est pas, ce qu'elle peut faire, ce qu'elle ne peut pas faire. Comme le disait le fameux journaliste Albert Londres, il faut porter la plume dans la plaie.

Je saisis l'opportunité de mon enseignement de finance à l'Université des Antilles et de la Guyane pour tenter de combler à ma modeste échelle ce manque de dialogue entre la finance et les non-financiers. Ce blog sera simultanément un support pédagogique pour les différents cours que j'enseigne et une "marmite à idées, questions, échanges".

Je lis en ce moment les "Trois leçons sur la société post-industrielle" (Le Seuil) de l'économiste français Daniel Cohen. Je suis frappé par l'interprétation que Daniel Cohen donne de la révolution financière des années 1980. Il y voit  l'annulation d'un ancien pacte entre l'entreprise et ses salariés. Au XIXème siècle et dans la première moitié du XXième siècle, la grande entreprise conglomérale domine. Elle est même un modèle. L'une des raisons de son émergence et de sa préeminence est la notion de diversification des risques: un conglomérat qui exerce plusieurs activités industrielles est moins sensible aux revers de conjoncture qu'une entreprise spécialisée dans une seule activité. Daniel Cohen y voit un contrat implicite dans lequel les salariés, les travailleurs bénéficient de cette assurance conjoncturelle: être salarié d'un conglomérat donne une meilleure garantie de pérennité de l'emploi. Aujourd'hui, les entreprises passent leur temps à réfléchir sur ce qui est leur savoir-faire et à élaguer tout ce qui ne fait pas partie de ce sanctuaire. Les actionnaires de ces entreprises s'en félicitent: ils peuvent construire leur conglomérat seuls au moyen d'un portefeuille diversifié. Ils n'ont pas (plus?) besoin qu'une entreprise le fasse pour eux. Mais, en faisant cela, les entreprises transfèrent "allègrement" le risque sur leurs salatiés qui deviennent les fusibles bien involontaires de cette annulation du "pacte ancien". Selon Daniel Cohen, "c'est la fin de la solidarité qui était inscrite au coeur de la firme industrielle."

Faut-il s'en plaindre? La réponse n'est pas facile. Voici quelques conjectures qui montrent que le diable est bien dans les détails. Certes, les actionnaires sont favorisés par ces nouvelles opportunités de diversification patrimoniale. Mais, n'est-ce-pas une bonne nouvelle que, ce faisant, ils soient plus incités à investir dans les entreprises, à financer leurs projets et ainsi participent à la création de nouveaux emplois. Dans l'ancien modèle, l'argent et les actifs étaient détenus par les barons voleurs (les Rockfeller, les Carnegie, les Ford, les Vanderbilt etc...). Quiconque avait une once de talent ne pouvait l'exprimer que chez ceux qui  détenaient les moyens de l'exprimer. Les marxistes y voyaient l'aliénation du travail au capital. Toutes proportions gardées, ils n'avaient pas tort.

Mon ami Reuven Brenner de l'Université de Montréal a une façon bien à lui de résumer ce qui fait la prospérité d'une nation ou d'une entreprise: "Prosperity is the result of matching brains with capital and holding both sides accountable." (in The Force of Finance, Texere, 2001). En somme, à l'époque des barons voleurs, un petit B (brain) fait face à un grand C (capital).

Le renversement du pacte identifié par Daniel Cohen n'est peut-être pas si dramatique que cela (en termes de bien-être global cher aux économistes). Finalement, un B plus grand fait face à un C (plus petit?). Aujourd'hui, les idées trouvent plus facilement leur financement, leur émancipation. Elles ne sont plus dans les mains inéluctables des barons voleurs. Henry Ford, d'ailleurs, se demandait pourquoi quand il n'avait besoin que d'une paire de bras, elle venait attachée à un cerveau!

En somme, le débat n'est pas un débat binaire, un jeu à somme nulle, entre actionnaires et salariés. Il est plus complexe que cela et c'est précisément ce qui rend la finance passionnante!

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Comments

Dear Eric,

I am a Rutgers University student and I am really sorry for posting the message here. However, I really could not find a valid email address to reach you. I am wondering if I can have a copy of the derivation of risky fixed rate debt of the paper "Valuing Risky Fixed Rate
Debt: An Extension." I realized that it has been a long time since you publish this paper in JFQA. However, I will really appreciate if you can send me the
derivation of that part on page 243.

Best regards,

Hank Lee

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